Mon histoire

Je m’appelle Aurore Delsoir et suis née le 30 octobre 1978 à Tournai (Belgique). Je suis l’aînée d’une famille de cinq enfants. J’ai une chance énorme : j’ai eu l’occasion de faire ce que j’aimais, ce pour quoi j’étais passionnée. Mes choix pouvaient sembler inattendus voire totalement improbables. J’avais envie d’aller dans une direction, j’y allais. C’est ainsi que la photographie s’est imposée à moi, après un parcours très varié.

De la musique avant toute chose

J’ai commencé à jouer de la musique très tôt, du hautbois (vous savez, le canard dans Pierre et le Loup). Dès l’âge de 6 ans, mes journées d’école se poursuivaient au Conservatoire. Lorsqu’il a fallu faire un choix d’études, je me suis tournée vers la philologie classique car le latin, le grec ancien et surtout les civilisations qu’ils véhiculaient me fascinaient. Pour mon travail de fin d’études, j’ai réussi à lier mes deux marottes en travaillant sur associations professionnelles de musiciens dans le monde antique. Tout un programme.

Revirement à 180 degrés : le monde du travail

Il a fallu après l’université faire un choix de carrière. J’ai commencé à chercher du travail et suis entrée un peu par hasard dans l'industrie pharmaceutique. Mon premier poste de déléguée médicale m’a appris ce qu’était le monde réel. Un vrai choc et un réel apprentissage. Pendant 14 ans, j'y ai mené une carrière en communication, marketing et analyse de marché. Comment organiser une campagne autour d’un produit, communiquer à son sujet, analyser les ventes, corriger le tir, prévoir les budgets… J’aimais ce que je faisais. Dans la maison que nous venions de restaurer, mon compagnon a décidé d'exposer ses appareils photos (qu’il pratiquait en amateur) : quelques argentiques, de vieux appareils russes, et les premiers boîtiers numériques. L’objet et l’activité qui y était liée m’intriguaient. Il n’en fallait pas plus pour m’y intéresser.

Un voyage au pays d’Heidi

En 2010, je suis partie en mission pour deux années en Bavière, mandatée par ma boîte. J’y suis allée seule, armée de mon enthousiasme et de mon premier achat en terre germanique : un reflex. Depuis quelques temps, prise par le virus de la photo, je me baladais toujours avec un petit appareil numérique dans ma poche. Je figeais les visages de ceux que j’aimais, des instants volés, des endroits traversés. Là, vu la taille de mon reflex et son poids, mon appareil est devenu l’objet et l’objectif unique de mes excursions. Et comme tout me paraissait nouveau et captivant, je fixais tout : des amoureux dans le métro munichois, des bâtiments immaculés face à la montagne... Je me faisais la main, de façon un peu obsessionnelle.

Des photos de concerts

Deux ans plus tard, je rentre en Belgique. Un soir, au hasard d'une discussions, j'étais engagée par un groupe de cover. Pendant toute leur saison, j'allais les suivre pour couvrir leurs concerts. Je découvrais tout un univers qui m’était jusque-là inconnu : l’organisation d’une scène pop-rock (avec tout ce que cela génère de pagaille électrique), les personnalités des musiciens, leur énergie débordante, les avant-après concerts, le matériel à monter, à déranger, à ranger… Autodidacte, j’ai dû apprendre les méthodes les plus appropriées pour capter le mouvement presque dans l’obscurité. Chaque concert était pour moi un nouveau terrain de jeu où je devais gérer les conditions de lumière parfois très compliquées, le rendu des couleurs des projecteurs. Je me perfectionnais de concert en concert prenant des risques, aussi bien dans mes postures que dans mes photos. L’aventure durera quatre ans et elle reste aujourd’hui une de mes plus belles expériences photographiques et humaines. A travers elle, je me suis vite rendu compte que j'avais besoin de m'exprimer plus largement que dans le monde des affaires. En 2013, j'ai écrit un premier livre en collaboration avec un animateur radio (Tu finiras sous les ponts, en collaboration avec Pierre Lorand). Et j’ai aussi compris que mon travail photographique autodidacte pouvait m’ouvrir la porte à un mode d'expression plus personnel.

Des instantanés de voyage

J’ai pas mal voyagé pendant cette période : je choisissais mes objectifs avec des ouvertures maximales pour capter au mieux la lumière. Pour retracer mes périples, je me suis tournée vers la photographie en noir et blanc, en cherchant sans cesse les contrastes de lumière ou de situation. L’intensité d’un regard, une discussion animée, la concentration sur un jeu d’échec... je pratiquais ce que l’on appelle la photographie de rue, souvent citadine, toujours captée sur l’instant, centrée sur l’inconnu et sans artifice.

De retour au travail (par une voie détournée) 

Grâce à ces voyages, j’ai non seulement pu exposer mon travail créatif (voir expositions et publications) mais j’ai été également de plus en plus sollicitée pour des missions spécifiques. On m’appelait pour couvrir des événements privés tels que les mariages ou d'autres moments rares. J’ai aussi été contactée pour créer ou développer des images individuelles et de groupe dans le milieu du travail et de l’entreprise : j’ai ainsi pu pénétrer certains domaines de l'artisanat, de la bijouterie et du design d'intérieur, mais aussi admirer sur site le travail de la vinification ou celui de la restauration.

Cette activité est devenue pour moi une réelle passion. Comment l’homme évolue dans son environnement de travail, comment le transmettre au mieux en image ? Comment transcrire en image des univers propres aux entreprises et rendre leurs valeurs ? Comment se créent les interactions entre collègues, la vie autour de son boulot ? J’ai commencé à traduire les univers de certains artistes et artisans créateurs en 2014 : peintre, joaillère, souffleur de verre, tapissière, créatrice de vêtements… m’ont ouvert la porte de leur atelier et m’ont permis de les regarder travailler. 

J’ai voulu répéter cette expérience en me tournant davantage vers les entrepreneurs et indépendants. Le projet « portraits d’entrepreneurs », entamé cette année, propose chaque semaine à partir de février un portrait d’un entrepreneur ou indépendant rencontré les jours précédents, ainsi qu’une anecdote à son propos. Si vous souhaitez suivre ce projet semaine après semaine, cliquez ici 

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Thanks to David Deschryver for the pic!